Mai 2012 : « C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49)

Dans l’Ancien Testament, le feu symbolise la Parole de Dieu proclamée par les prophètes. Cependant, le feu est aussi le jugement divin qui, en passant au milieu du peuple, le purifie.

Il en va de même de la Parole de Jésus : elle construit, et en même temps détruit ce qui est sans consistance, ce qui est corruptible, ce qui est vanité. Elle laisse debout la vérité seule.

Jean Baptiste avait dit de Jésus : « Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu »[1]. Il annonçait le baptême chrétien qui sera inauguré le jour de la Pentecôte avec l’effusion de l’Esprit Saint sous forme de langues de feu[2].

Telle est donc la mission de Jésus : répandre le feu sur la terre, communiquer l’Esprit Saint et sa force rénovatrice et purificatrice.

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

Jésus nous donne l’Esprit. Mais comment l’Esprit Saint agit-il ? En répandant l’amour en nos cœurs. Cet amour qu’il nous faut maintenir allumé en nous, selon son désir.

Quelle est la nature de cet amour ?

C’est l’amour évangélique qui n’est ni terrestre, ni limité, mais universel comme celui du Père du ciel qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et les injustes »[3], y compris sur les ennemis.

Cet amour n’attend rien des autres. Il prend toujours l’initiative, il aime en premier.

Cet amour ‘se fait un’ avec chaque personne. Il souffre et se réjouit avec elle, se préoccupe ou espère avec elle et il le fait en agissant concrètement si c’est nécessaire. C’est un amour qui n’est pas seulement un sentiment et qui ne se contente pas de mots.

Cet amour nous fait aimer le Christ en chaque frère et sœur rencontrés, nous rappelant qu’il a dit : « C’est à moi que vous l’avez fait. »[4]

Il tend à la réciprocité, à réaliser avec les autres l’amour réciproque.

Expression visible, concrète de notre vie évangélique, cet amour accrédite, donne toute sa portée à la parole qu’ensuite nous pourrons et devrons annoncer pour évangéliser.

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »

 L’amour est comme un feu, l’important, c’est qu’il reste allumé. Pour cela, il lui faut toujours quelque chose à brûler. Avant tout, notre moi égoïste, et cela se réalise car en aimant, nous sommes complètement projetés en dehors de nous-même, soit vers Dieu, en accomplissant sa volonté, ou vers le prochain, lorsque nous l’aidons.

Un feu qui brûle, même petit, peut devenir un grand incendie s’il est alimenté. C’est l’incendie d’amour, de paix, de fraternité universelle que Jésus a apporté sur la terre.

Chiara LUBICH

* Parole de Vie publiée en août 2001


[1] Lc 3, 16.

[2] Cf Ac 2, 3.

[3] Cf Mt 5, 45.

[4] Mt 25, 40.

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