Accueil de réfugiés à Annecy

Dans les groupes « Parole de Vie » animés par le mouvement des Focolari, nous avons redécouvert l’importance de mettre en pratique les paroles de l’Évangile, avant tout le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le vous-mêmes pour eux » et « Tout ce que vous faites au plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ».

Ces paroles, nous les avons expérimentées lors de notre rencontre avec une famille de réfugiés, les parents et deux jeunes de 13 et 17 ans. Ils avaient dû fuir le Kosovo et dormaient dans la rue. Par amour pour le Christ, nous n’avons pas hésité à les accueillir dans notre appartement à la fin de l’été 2013. Malgré la difficulté de la langue (on se parlait par ordinateur), nous avons créé petit à petit une vie de famille, où l’on partageait tout : les repas, les soirées autour d’un jeu ou d’un livre de français… Nous avions confiance en « l’autre » et eux nous le rendaient bien. Nous ne savions pas pour combien de temps nous allions les accueillir : trois jours, trois semaines, trois mois ? Nous avons décidé de faire confiance à Dieu. Au bout de trois semaines, ils ont été dirigés vers un CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile) où ils sont restés deux ans. Nous avons gardé contact. Nous les visitions souvent. Comme ils étaient heureux de notre présence ! La maman composait des petits gâteaux pour nous. En avril 2015, ils ont dû quitter le CADA, mais où aller ? Pas question de rentrer au pays, étant donné les menaces qui pèsent sur eux. En toute liberté, dans la confiance et sans hésiter, nous les avons accueillis de nouveau, mais pour combien de temps ? Nous nous en sommes remis à Dieu qui donne les grâces nécessaires pour le temps voulu. Nous nous connaissons un peu mieux. Les jeunes parlent couramment français. Les parents nous aident dans les tâches ménagères. Respectueux, serviables, discrets, ils vivent désormais avec nous, en famille, une vraie petite famille, trois générations confondues. L’appartement n’est pas grand. Le soir, on déplie le matelas dans le salon pour les jeunes tandis que les parents occupent la chambre qui était celle de notre fille. Leur second séjour chez nous a duré trois mois. Ce qui leur a permis de se reconstruire un peu malgré l’inquiétude et le souci d’un avenir incertain. Courant juillet, ils ont trouvé un logement grâce à l’aide de la communauté kosovare. Quelles richesses avons-nous retiré de cette expérience d’accueil ! Découverte de la culture de l’autre, vie de fraternité et de partage, tout cela dans l’amour ! Tous ces événements, vécus ensemble avec mon époux, dans la foi et l’espérance, nous ont permis de vivre en disciples du Christ et de cheminer avec nos frères en humanité.

  1. et M. D. (Annecy)

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