Journal d’une mariapolis à Ressins

Bien arrivés pour oser l’unité avec nos différences

Lundi 18 heures : devant le château de Ressins, les quelque 250 participants déjà arrivés partagent un verre en faisant connaissance. C’est le pot d’ accueil des mariapolites après le passage par les formalités, l’installation et la découverte des lieux. Depuis le matin, grâce à une équipe de choc, le foyer des élèves du lycée s’est métamorphosé peu à peu en  » grande salle  » colorée pour les points du jour. L’orchestre et les chanteurs s’ajustent. Le bar s’est installé dans un lieu plus vaste, prolongé par un immense barnum accueillant et déjà très fréquenté. Fin prêts pour demain matin ? Hum… il y a encore du travail cette nuit, mais rendez-vous à 9 h pour le premier point du jour.

L’autre, même pas peur

Entrée en matière avec Frédéric et Nathalie, couple du Nord, qui se présentent d’emblée comme très différents l’un de l’autre. Ils nous accompagneront chaque matin pour le point du jour. Place à la communauté Focolari de la région Grand Est : Françoise, Brigitte, Jacques, Jean-Marie, Thérèse et Guido montent sur scène avec leurs valises remplies de soucis. Après les avoir déposées, ils nous  invitent à sortir de nous-mêmes pour aller vers l’autre, en nous partageant leur expérience.

L’après-midi, le « grand jeu » traditionnel, mais chaque fois renouvelé, a regroupé tous les participants, des plus jeunes aux plus âgés. Soirée au choix selon les âges : « Bonne nuit les petits », le film « Là-haut » ou une mise en perspective de deux conceptions de l’unité. Marie-Anne Vannier, experte en patristique, a présenté celle de saint Irénée de Lyon (IIe siècle), et Isabelle de Moffarts, co-responsable des Focolari pour la France, celle de Chiara Lubich, chacune en résonance avec les tensions de leur époque. Pour clore la journée, gardons dans le cœur cette affirmation : « Plus l’unité est profonde, plus nous pouvons être différents les uns des autres ».

Prendre soin au delà de l’indifférence

Pour cette matinée, le point du jour a été préparé par le territoire de Paris. Christine et Hélène nous ont invités à prendre soin… mais de qui? « Il faut qu’il y ait un « je » pour entrer en relation avec un « tu » « . Donc d’abord de soi, mieux se connaitre, accepter ses limites… pour oser aller vers le prochain, être attentifs à tous ceux qu’on va croiser, à la mariapolis… et après !

Trois témoignages concrets ont suivi. Pour Mireille, la découverte de ses limites et l’expérience de la réciprocité de l’amour, en accompagnant une amie malade. Pour Nathalie, la bienveillance envers soi-même, qui l’a conduite à changer de profession pour exercer cette bienveillance envers les autres. Pour Michel, la prise de conscience des besoins de sa commune a déclenché en lui ces deux questions : « Si ce n’est pas moi, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? ». Il nous a partagé ensuite les engagements sociaux qui en ont découlé.

L’après-midi laissait le choix entre une grande variété d’ateliers, balades et visites et la canicule s’est inscrite partout ! A la messe, nous avons été frappés par la concordance entre l’Évangile du jour (la Cananéenne, Mt 15,21-28) et le thème de la journée. En soirée, à la fraîche enfin, petits et grands sont montés sur la scène pour une « soirée talents » au rythme endiablé.

Rencontres en terres inconnues

Surprise ! Ulysse et Mathilde viennent gentiment… proposer à leurs parents de faire à leur place la présentation du point du jour. Ils commencent par nous échauffer et donner le tempo avec une musique gestuée bien rythmée. Puis ils appellent sur scène Peter, Michel, Minesoa, Élise, Henri, Victor, Carla, Louisiane, Étienne et Antoine. Oui ! ce sont les jeunes qui, ce matin, nous invitent à faire des rencontres en terres inconnues, eux qui sont souvent confrontés à l’inquiétude face à leur avenir. Par leurs  expériences, ils nous montrent comment ils osent prendre des risques pour retrouver le goût de la rencontre – parfois perdu en raison des confinements – et sortir de leur zone de confort. Y compris dans la famille, car « même les connus ont toujours une part d’inconnu à nous offrir ». Défi du jour, de tous les jours : « Dare to care » ! Oser prendre soin !

Après le point du jour, et pour toute la mariapolis, départ avec le pique-nique pour la forêt de Lespinasse. Moment de grâce avec le time out lancé par les jeunes et repris par tous. L’après-midi, trois marches de différentes longueurs pour convenir à toutes les jambes, à l’ombre, merci les arbres de la forêt ! La journée s’achève sur une soirée dansante ou une rencontre avec la maison d’édition Nouvelle Cité.

Acteurs au casting de l’unité

C’est la Région Sud qui présente ce quatrième point du jour. Louisa rappelle brièvement l’histoire de l’unité depuis les premiers temps du mouvement. Elle rappelle que ce n’est pas nous qui la faisons, car « l’unité, c’est Dieu au milieu de nous. Notre part, c’est de nous aimer les uns les autres ». Plusieurs exemples de construction de cette unité par des communautés Focolari du sud sont venues illustrer ses propos : dialogue interreligieux avec « Vivre ensemble à Cannes » ; ramassage de déchets  dans un parc ; confection de masques et blouses pour les soignants avec la Ruche, etc. 

Marcela a ensuite relaté sa participation à un séminaire pour l’inclusion des personnes handicapées dans la cité, qui s’est prolongée par une action collective lors de la semaine Monde Uni. Nadia a raconté l’aventure de la Fed’ES, association d’entraide sociale, et des Acates, une EHPAD de Marseille, où tous les salariés sont acteurs à parts égales. A contre -courant de bien des structures semblables, Didier Debrand y a même institué un point du jour version EHPAD ! « Perdre son temps pour créer l’unité, quel gain de temps ! ». Et enfin l’intervention de Georges, visiteur et accompagnant en clinique, avec une  expérience particulièrement bouleversante.

Après visites et ateliers divers, c’était enfin la fête de la mariapolis, pour rire, chanter, danser et jouer ensemble.

A vos marques… prêts aimons

Nous voilà revenus dans notre vie de tous les jours. La changer en aimant ? Un pari fou ? peut-être pas…

Toutes les vidéos des points du jour, des albums photos, des chants, de l’exposition de Michel Pochet sur le site https://mariapolis.fr/menu 

1 réponse

  1. Anne Bazalgette dit :

    Bravo ! J’ai l’impression d’avoir vécu avec vous tous, en quelques minutes, ces journées de Mariapolis à Ressins. Bien avec vous, pour continuer à distance !

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