Mosaïques 2015 à Marseille : « Nous sommes tous méditerranéens »

Face aux tragédies migratoires et face à la “culture du refus “, les rencontres « Mosaïques » 2015 (à l’initiative de l’Institut Catholique de la Méditerranée (ICM) avec le partenariat de divers  mouvements dont les Focolari) qui viennent de se dérouler ces 26 et 27 juin à Marseille se sont donné un défi d’envergure autour de la problématique « Migration : Proche Orient – Proche Occident ».
Donnant la parole à près d’une trentaine de jeunes étudiants ou professionnels originaires des pays du pourtour méditerranéen, et au-delà, engagés d’une façon ou d’une autre dans ce domaine, souvent avec une propre expérience forte de migration, la culture de la rencontre s’est avérée comme la grande solution. « Le plus important pour un étranger dans un autre pays est d’être
accueilli », affirme Sidy, sénégalais arrivé à Livourne en Italie. Après maintes difficultés, il rencontre des personnes de la communauté de St Egidio qui seront auprès de lui durant sa longue hospitalisation. Aujourd’hui, il ne cache pas pouvoir dire qu’il a deux familles, celle au Sénégal et celle en Italie.
Yussif, musulman ghanéen, sans avenir après ses études décide de venir en Europe. Traversée de 5 pays africains avant d’atteindre en bateau les îles Canaries. De là, Barcelone où l’unique solution est de vivre – pendant 2 ans – avec plus de 1000 réfugiés dans un hangar sans toilettes… Enfin il rencontre des Jeunes Pour Un Monde Uni qui l’aident à apprendre la langue, à faire ses papiers, jusqu’à avoir un travail aujourd’hui qui lui permet d’aider sa famille au Ghana.
mediteraneens15bAutre témoignage touchant, celui  de Ramia, syrienne. Venue poursuivre à Marseille un doctorat en psychologie pour enfants, aujourd’hui, il lui est impossible de rentrer en Syrie. « Un rêve, dit-elle, transformé en cauchemar ». Alors la décision de mettre en place un projet éducatif pour les enfants syriens non scolarisés réfugiés, ne pensant qu’à la violence et à la guerre. Leur permettre non seulement d’être scolarisés mais de transmettre une culture de la Paix. Impossible de relater toutes ces expériences de vie qui allaient de la migration forcée à la recherche d’intégration et d’identité, mises encore plus en lumière par des experts.
Permettre aux migrants de participer à leur propre avenir en leur laissant tout d’abord la parole et l’initiative ; créer des ponts de partout : entre pays accueillant et pays d’origine, entre personnes,… « pas des murs, pas des armes » ; diffuser le dialogue interreligieux. Autant de solutions phares ressorties au cours de ces riches journées. Une proposition très concrète a été d’adhérer, signer et diffuser « Nous sommes tous méditerranéens », une grande campagne populaire de solidarité lancée par les régions Provence Alpes Côtes d’Azur, la Sicile, l’Andalousie, Malte et la Grèce. Le 20 mai les  responsables de ces régions ont rencontré à Strasbourg le Président du Parlement Européen, Martin Schulz, pour demander à l’Union Européenne, de faire preuve de plus de solidarités
envers les pays méditerranéens. Celui-ci a décidé d’en être le premier signataire (on peut signer sur le site https://tousmediterraneens.com).

Isabelle GINESTY

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